INTERVIEW DE CLAIRE MONROCHE

Question 1 : Comment définissez vous votre métier ?

Avant de définir mon métier, je vais vous dire pour QUI je travaille. Je travaille pour l’entrepreneur. Pourquoi ? Parce qu’il est un créateur.

Il crée des produits, des services, des marchés, des emplois, de la richesse, etc. Mais il y a des moments où il s’épuise, ou bien se trouve face à une évolution des marchés qui devient problématique pour son activité. Cela se traduit par une perte de vitesse de l’entreprise, de l’énergie perdue à lutter contre l’impossible, des angoisses, etc. Et le cercle vicieux commence.

Mon métier est là : apporter un nouveau souffle à ces entreprises. Révéler leur essence, et créer avec eux le nouveau marché qui leur correspond.

Question 2 : En fait, votre métier, c’est le marketing ?

Ce n’est pas du marketing. C’est de la stratégie. Le marketing tel qu’on l’entend aujourd’hui n’a plus de sens. Son fonctionnement est très limité :

- Le marketing consiste à demander aux consommateurs ce qu’ils veulent. Mais, ils ne le savent pas toujours eux-mêmes. S‘ils le savent, c’est que le marché existe déjà et qu’il sera concurrentiel. Comme dirait Roger Couffin (expert en stratégie d’entreprise) : « s’il y a déjà un gros chien dans la niche, il n’y a pas de place pour un deuxième ».

- Le marketing est castrateur. Il nous empêche de créer. Par exemple, si Steve Jobs avait fait une étude de marché avant de commercialiser l’Iphone, celui-ci n’existerait pas aujourd’hui. Ce chef d’entreprise a suivi son cœur et il a créé le marché.

Question 3 : Comment vivez-vous cette période économique difficile ?

En effet, c’est difficile. On ressent la peur partout. Et c’est la peur qui freine toute l’économie. La seule manière de réussir, c’est de revenir à la confiance et au respect.

C’est ce que je dis à mes clients, et c’est ce que je fais avec eux. Ils doivent se sentir forts, et en sécurité pour s’épanouir sur leur marché.

Nous sommes dans une période de reconstruction. Si nous l’acceptons, nous serons gagnants.

Question 4 : Ne pensez-vous pas que la stratégie peut intervenir dans la phase de communication ?

Beaucoup d’entreprises, en effet, utilisent la communication comme substitut à la stratégie. Lorsqu’il n’y a pas de stratégie, on mise tout sur la communication. Mais c’est comme un artiste qui travaille avec du mauvais matériel. Il peut faire tous les efforts qu’il veut, et développer des idées de génie, le résultat ne sera jamais concluant.

Nous faisons en sorte que son matériel lui corresponde et qu’il réponde aux besoins d’une finalité.

Il faut envisager la communication autrement. Il faut la considérer comme la traduction d’un projet, et comme une manière de se présenter à un public.

L’avenir de l’entreprise n’est pas dans la communication.

Question 5 : Est-ce que vous travaillez aussi avec les responsables communication ?

Mon travail est d’abord une collaboration avec l’entrepreneur. Je suis son alliée. Un entrepreneur est relativement polyvalent, mais il ne peut pas se battre seul sur tous les fronts. Je suis son complément, j’éclaire son chemin, et je lui apporte l’énergie nécessaire pour atteindre son but.

Ensuite, l’équipe accompagne certains salariés de l’entreprise (potentiellement en charge des communications) pour qu’ils adoptent et appliquent la stratégie.

La plus belle récompense, c’est lorsque l’entrepreneur est heureux et épanoui.